Timex n’est pas une marque comme les autres. Cent soixante-dix ans d’existence, des millions de poignets conquis avec des montres fiables et bon marché, une reconnaissance quasi universelle. C’est précisément ce bagage qui rend le lancement de la Marine M1A aussi intrigant que clivant.
Près de 900€ pour une Timex — la réaction de la communauté horlogère ne s’est pas fait attendre. Le surnom « Grand Timex » a rapidement circulé en ligne, mêlant amusement et scepticisme. La question est légitime : que justifie ce tarif, et la montre tient-elle ses promesses ?
Le contexte : une montée en gamme progressive et calculée
Ce positionnement ne sort pas de nulle part. En 2019, Giorgio Galli — designer milanais et directeur artistique du groupe Timex — lance la S1, une automatique à 450 dollars qui marque un premier tournant. Son succès, ainsi que celui de la S2, ouvre la voie à une ambition plus large.
Timex crée alors Timex Atelier, une sous-marque entièrement fabriquée en Suisse, pensée pour s’installer directement dans le territoire de Hamilton et Tissot. La Marine M1A est son modèle phare. Épuisée dès sa première production, elle confirme qu’il existe un appétit réel pour ce positionnement.
Ce que l’on remarque en la portant
La montre mesure techniquement 41 mm, mais hors lunette, le boîtier tombe à 39,7 mm — ce qui lui donne en réalité le comportement d’une 40 mm au poignet. Une nuance qui compte : la Marine M1A est plus discrète que ses caractéristiques ne le laissent supposer.
Le cadran en émail noir retient l’attention. Sa profondeur et la façon dont il capte la lumière sont difficiles à attendre à ce niveau de prix. Les cornes ajourées — une signature de Galli depuis ses travaux pour Nautica en 1996 — structurent l’ensemble sans l’alourdir, et les chanfreins polis sur leurs bords intérieurs créent des jeux de reflets subtils selon l’angle de vue.
Au dos, le fond saphir transparent dévoile le mouvement Catena SA 100, ses 29 rubis, et la gravure « Giorgio Galli for Timex Atelier / Swiss Made ».
Les détails qui font la différence
Quelques choix de conception méritent d’être signalés séparément, car ils témoignent d’une attention au détail qui dépasse souvent ce que l’on trouve dans cette gamme de prix.
La lunette unidirectionnelle en céramique tourne avec 120 clics nets. Son insert est doté de chiffres luminescents complets en Super-LumiNova suisse — et non de simples points, comme c’est souvent le cas sur des modèles concurrents. Le marqueur à 12 heures est encadré d’un motif de fines lignes horizontales qui fait délibérément écho à l’index triangulaire du cadran, créant une cohérence visuelle entre la lunette et le dial.
La couronne vissée à 3 heures, protégée par des gardes ajourées dans le prolongement du design du boîtier, garantit une étanchéité à 200 mètres. Elle porte le monogramme TWC — Timex Watch Company — en style rétro, clin d’œil à l’histoire de la marque que l’on remarque sans qu’il s’impose.


