Montres · 16 septembre 2026

Hublot x Jeff Koons : quand le Balloon Dog devient une montre

Hublot transpose l’univers du Balloon Dog de Jeff Koons dans une Classic Fusion de 42 mm aux volumes gonflés, proposée en trois éditions limitées.

Hublot Classic Fusion Balloon Dog by Jeff Koons, version bleue.
Hublot Classic Fusion Balloon Dog by Jeff Koons, version bleue. © Hublot

Hublot confie sa Classic Fusion à Jeff Koons et transforme l’une des silhouettes les plus connues de l’art contemporain en objet horloger. Avec ses volumes gonflés, ses surfaces réfléchissantes et ses trois déclinaisons très colorées, la Classic Fusion Balloon Dog ne cherche certainement pas la discrétion. Elle révèle surtout jusqu’où une collaboration artistique peut modifier le dessin même d’une montre.

Il aurait été assez simple de reprendre une Classic Fusion existante, d’y ajouter la signature de Jeff Koons et quelques références au Balloon Dog. Hublot a choisi une voie beaucoup plus radicale.

Dévoilée le 16 septembre à New York, la Classic Fusion Balloon Dog by Jeff Koons est proposée en trois versions : acier inoxydable poli miroir, aluminium anodisé rouge et aluminium anodisé bleu. Chacune sera produite à 200 exemplaires.

La palette donne immédiatement le ton. Rouge profond, bleu électrique, argent presque liquide : ces montres sont faites pour attirer le regard. Elles reprennent directement l’une des signatures visuelles les plus reconnaissables de Koons, ces surfaces lisses et réfléchissantes qui donnent à ses sculptures l’apparence d’objets gonflables surdimensionnés.

Une Classic Fusion entièrement redessinée

Jeff Koons à la manufacture Hublot
Jeff Koons à la manufacture Hublot. © Hublot

C’est pourtant dans les détails que la collaboration devient plus intéressante.

Pour reproduire l’impression d’un objet gonflé par l’air, Hublot a profondément retravaillé l’architecture habituelle de la Classic Fusion. Le boîtier de 42 mm abandonne ainsi une partie de ses lignes traditionnellement plates au profit de volumes bombés et convexes. Le verre saphir, les têtes de vis en titane, le cadran et même les attaches de bracelet participent à cet effet de tension permanente.

La montre ne reproduit donc pas littéralement un Balloon Dog sur son cadran. Elle cherche plutôt à donner l’impression qu’elle appartient au même univers physique.

La couronne s’inspire par exemple d’une valve de gonflage, tandis qu’un petit élément souple placé vers 10 h 30 évoque une queue de ballon. Le contrepoids de l’aiguille des secondes reprend, lui, directement la silhouette du Balloon Dog. Les index et les aiguilles sont eux aussi traités en volume, avec des inserts tridimensionnels en Super-LumiNova.

Même le bracelet participe au jeu. Sa base en caoutchouc reçoit un insert métallisé embossé et rembourré afin de prolonger cette sensation de matière sous pression.

Le résultat ne fait guère dans la retenue. C’est précisément ce qui lui donne sa cohérence.

Du Balloon Dog au poignet

Le calibre automatique HUB1710 vu côté fond et mouvement.
Le calibre automatique HUB1710 vu côté fond et mouvement. © Hublot

Créé entre 1994 et 2000 dans le cadre de la série Celebration, le Balloon Dog repose déjà sur une forme de contradiction : reproduire dans des dimensions monumentales et des matériaux durables quelque chose d’aussi léger et éphémère qu’un ballon façonné pour enfant.

Cette tension explique assez naturellement le rapprochement avec Hublot.

La manufacture suisse travaille depuis longtemps sur la confrontation des matériaux et des univers. Dès 1980, la marque associait l’or au caoutchouc, avant de poursuivre cette approche avec la Big Bang puis la Classic Fusion.

Koons lui-même insiste d’ailleurs sur ce terrain commun. L’artiste explique partager avec Hublot une fascination pour la science des matériaux et pour leur capacité à transformer la perception d’un objet.

Ce rapprochement est également cohérent avec la stratégie culturelle menée par Hublot depuis plusieurs années. La marque collabore depuis 2011 avec des artistes, designers et architectes, et présente désormais Jeff Koons comme l’un de ses ambassadeurs.

Trois couleurs, une même mécanique

Sous cette apparence très sculpturale se trouve le calibre automatique Manufacture HUB1710.

Le mouvement compte 185 composants, fonctionne à 4 Hz et offre une réserve de marche de 50 heures. Sa masse oscillante en tungstène a elle aussi été redessinée avec des formes plus arrondies afin de prolonger l’esthétique générale de la montre jusque côté mouvement.

Les trois versions affichent les mêmes dimensions : 42 mm de diamètre, 11 mm d’épaisseur et une étanchéité à 50 mètres. La version rouge comme la bleue utilisent un boîtier en aluminium anodisé poli, tandis que la déclinaison Silver adopte l’acier inoxydable poli miroir.

Le tarif est identique pour les trois modèles : 24 600 euros.

Chaque édition est limitée à 200 exemplaires et sera distribuée dans une sélection de points de vente Hublot, mais également dans certaines galeries, une manière assez logique de prolonger le dialogue entre objet horloger et art contemporain.

Une montre qui assume l’excès

Il faut probablement éviter de chercher ici l’élégance discrète d’une trois aiguilles traditionnelle. La Classic Fusion Balloon Dog appartient à une autre logique : celle de la montre comme objet culturel, presque comme une petite sculpture portable.

La version Silver est sans doute celle qui laisse le mieux apparaître ce travail sur les volumes. Le rouge et le bleu, beaucoup plus spectaculaires, rapprochent davantage encore la montre des sculptures réfléchissantes de Koons.

Cette collaboration fonctionne surtout parce qu’elle ne se limite pas à un motif imprimé sur un cadran. Hublot a accepté de modifier suffisamment la Classic Fusion pour que le langage de Jeff Koons se lise dans le boîtier, le bracelet, la couronne et jusqu’aux plus petits détails.

On pourra la trouver exubérante, voire franchement excessive. C’est aussi exactement ce que l’on attendait d’une rencontre entre Hublot et Jeff Koons.


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