Le Range Rover devient électrique. Une évolution majeure pour le modèle britannique, qui trouve dans cette motorisation une continuité assez naturelle avec ce qui fait son identité depuis toujours : le silence, la douceur et cette manière très particulière de donner l’impression que tout se fait sans effort.
Depuis plus de cinquante ans, le Range Rover repose sur une idée simple : voyager loin, dans un confort presque excessif, avec la sensation que le monde extérieur reste légèrement à distance.
L’arrivée d’une motorisation 100 % électrique pousse cette logique un peu plus loin.
Le premier Range Rover Electric conserve ainsi la silhouette familière de la génération actuelle. Même hauteur, mêmes proportions généreuses, même dessin réduit à quelques lignes très nettes. La calandre, les roues et le soubassement ont été retravaillés pour améliorer l’aérodynamisme, sans bouleverser l’allure générale.
Ce choix paraît particulièrement cohérent avec un modèle dont la présence repose depuis longtemps sur la retenue davantage que sur les effets de style.
Sous cette carrosserie, les changements sont en revanche considérables. Deux moteurs électriques de 260 kW délivrent jusqu’à 550 ch et 850 Nm de couple. Le 0 à 60 mph est annoncé en 4,3 secondes, une valeur impressionnante pour un SUV de cette taille.
La vraie promesse tient toutefois dans la manière dont cette puissance devrait être délivrée. Le couple arrive immédiatement, sans montée en régime, presque sans bruit, avec cette sensation de facilité qui correspond parfaitement à l’univers Range Rover.
Le silence devient ici une composante mécanique du luxe.
Jusqu’à 598 kilomètres d’autonomie

Range Rover a choisi une batterie de 118,5 kWh utilisables associée à une architecture électrique de 800 volts. L’autonomie maximale annoncée atteint 372 miles, soit environ 598 kilomètres selon le cycle WLTP. La marque évoque également jusqu’à 535 kilomètres dans des conditions d’utilisation plus proches du réel.
Sur une borne rapide de 350 kW, la recharge de 10 à 80 % demande environ 22 minutes. Dix minutes pourraient permettre de récupérer jusqu’à 220 kilomètres d’autonomie.
Ces valeurs comptent particulièrement sur un Range Rover, qui conserve sa vocation de grande routière et de voiture de voyage.
La gestion thermique a également fait l’objet d’un travail spécifique. Le système ThermAssist doit préserver l’autonomie, la vitesse de recharge et les performances de la batterie dans des conditions climatiques difficiles.
Le programme de développement a conduit le Range Rover Electric des températures de -40 °C en Suède jusqu’à la chaleur du désert de Dubaï, avec plus de 1,5 million de kilomètres d’essais cumulés.
Un Range Rover jusque dans ses capacités tout-terrain

La transmission électrique apporte aussi de nouvelles possibilités en matière de motricité.
Le système de gestion peut intervenir en seulement 50 millisecondes pour ajuster le couple transmis aux roues. Le Range Rover Electric conserve également une capacité de passage à gué allant jusqu’à 900 mm.
Le mode de conduite à une pédale a été adapté aux évolutions lentes et aux terrains difficiles. Il permet notamment de gérer plus facilement les montées particulièrement raides, jusqu’à 45 degrés.
Ces capacités font partie de l’identité du modèle, même lorsqu’elles restent largement inexploitées au quotidien. Elles participent à cette impression de réserve permanente qui accompagne depuis longtemps le Range Rover : davantage de puissance, d’aisance et de possibilités que nécessaire.

À bord, l’évolution reste discrète. L’ambiance conserve le minimalisme du Range Rover actuel et profite naturellement de la réduction du bruit mécanique.
Une application permet de gérer à distance la charge, la température de l’habitacle, l’état de verrouillage ou encore l’autonomie restante. En Europe, Range Rover annonce également un accès à plus d’un million de bornes publiques.
La gamme sera proposée en versions SE, HSE et Autobiography, auxquelles s’ajouteront SV, SV Ultra et SV Black. Une First Edition adoptera notamment les teintes Belgravia Green, Santorini Black ou Varesine Blue, avec un habitacle mêlant Ultrafabrics et textile Kvadrat.
La production restera à Solihull, où Range Rover fabrique ses modèles depuis 1970. L’usine a été profondément adaptée pour intégrer la fabrication des composants électriques et accompagner cette nouvelle étape de l’histoire du modèle.
Le Range Rover Electric donne finalement l’impression d’une évolution particulièrement logique.
L’électricité accentue ce que le modèle cultivait déjà depuis des décennies : une puissance disponible immédiatement, une grande douceur de fonctionnement et cette impression de calme presque irréelle à bord.
Pour une voiture qui a toujours fait du silence et de l’aisance une partie essentielle de son luxe, cette nouvelle motorisation semble arriver au bon moment.


