À Florence comme à Rome, deux adresses emblématiques de Rocco Forte viennent d’être profondément repensées. L’une mise sur l’artisanat florentin, les matières et une nouvelle façon d’habiter la ville ; l’autre joue une élégance romaine plus feutrée. Deux hôtels à considérer pour un prochain week-end italien.
Derrière cette phase de rénovation, une idée assez simple : éviter le luxe international interchangeable et rendre chaque adresse plus fidèle à son environnement. Pour le voyageur, la différence est loin d’être théorique.
À Florence, dormir au cœur de la ville plutôt qu’à côté
Hotel Savoy bénéficie déjà d’un avantage difficile à battre : il donne directement sur la Piazza della Repubblica, à quelques minutes à pied du Duomo, des Offices et du Ponte Vecchio.

Après trois années de rénovation, l’hôtel revient avec une identité beaucoup plus florentine.
Les chambres et les suites font désormais davantage appel aux matières locales : parquet sur mesure, pierre, bois, textiles travaillés et marbre Arabescato. L’ensemble évite le décor trop précieux pour aller vers quelque chose de plus chaleureux, presque résidentiel.
C’est probablement ce qui rend cette rénovation intéressante. L’hôtel ne cherche pas seulement à paraître plus neuf. Il cherche à mieux accompagner un séjour à Florence.
Les chambres ont été rendues plus flexibles, avec davantage de configurations communicantes et des espaces conçus aussi bien pour un couple que pour une famille. Les salles de bains ont également été redessinées.
Mais c’est surtout dans les espaces communs que la nouvelle identité prend forme.

Le restaurant Irene ressemble désormais davantage à une élégante maison florentine qu’à un restaurant d’hôtel traditionnel. Noyer, marbres bicolores, tissus généreux et lumière douce composent un cadre qui fonctionne aussi bien pour un dîner que pour un long déjeuner après une matinée en ville.
La cuisine reste très toscane, sous la direction de Fulvio Pierangelini, avec une sélection de vins régionaux.
Juste à côté, Bar Artemisia apporte une tonalité différente. Inspiré par Artemisia Gentileschi, il joue davantage la mise en scène, avec une carte de cocktails imaginée par Salvatore Calabrese et Federico Pavan. Les références locales vont jusqu’aux ingrédients, avec des évocations de truffe, de Chianti ou de cuir.
Pour un aperitivo avant de sortir dîner, c’est probablement l’un des nouveaux espaces les plus séduisants de l’hôtel.
La présence d’Officina Profumo-Farmaceutica di Santa Maria Novella dans le lobby participe au même esprit. Elle rappelle immédiatement où l’on se trouve, sans avoir besoin d’accumuler les clichés florentins.
Et surtout, Hotel Savoy essaie désormais de faire sortir davantage ses clients de l’hôtel.
Visites privées de Palazzo Strozzi, cours de calligraphie avec Pineider face au Ponte Vecchio, découverte d’ateliers historiques du cuir : les expériences proposées sont beaucoup plus intéressantes que les habituelles recommandations de conciergerie.
Pour un premier séjour à Florence, c’est un vrai argument.
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À Rome, Hotel de Russie choisit la discrétion
À Rome, Hotel de Russie part d’une situation différente.
L’adresse est déjà solidement installée entre Piazza del Popolo et Piazza di Spagna, à proximité de Via Margutta et du Pincio. Son jardin secret suffit presque à justifier une visite.
La rénovation récente concerne surtout l’entrée, la réception et la conciergerie. Moins spectaculaire sur le papier, mais immédiatement perceptible une fois sur place.

Le nouvel aménagement cherche à rendre l’arrivée plus fluide et plus chaleureuse. Les espaces ont été divisés en plusieurs zones, avec un véritable coin conversation autour de la conciergerie.
L’ambiance repose sur des boiseries en noyer, des tons ivoire, du cuir clair et des nuances ambrées. Quelques pièces historiques viennent rompre la sobriété générale, notamment un lustre en verre du XVIIIe siècle et une sculpture italienne du XVIIe.
Ce qui fonctionne surtout, c’est l’absence de références romaines trop évidentes.
Pas de décor pseudo-antique, pas de théâtralité impériale. L’hôtel préfère une Rome plus cultivée et plus domestique, inspirée notamment des intérieurs de Palazzo Pecci Blunt.

Plus de 90 % du mobilier et des finitions ont d’ailleurs été réalisés sur mesure par des artisans et fabricants italiens.
L’effet recherché est assez différent de Florence. Là où Hotel Savoy assume davantage son ancrage local, Hotel de Russie préfère suggérer la ville par les matières, les proportions et quelques objets bien choisis.
Cela correspond finalement assez bien aux deux destinations.
Florence se prête aux détails visibles, aux artisans, au cuir, au marbre et aux maisons historiques. Rome fonctionne davantage par accumulation, par couches et par contrastes.
Lequel choisir pour un week-end italien ?
Les deux hôtels s’adressent évidemment au même niveau de clientèle, mais pas tout à fait au même voyage.
Hotel Savoy semble aujourd’hui particulièrement convaincant pour un séjour très centré sur la ville. Sa situation, ses nouvelles chambres et surtout ses expériences autour de l’artisanat et de la culture florentine en font une bonne base pour trois ou quatre jours à Florence.
Hotel de Russie joue davantage la carte du refuge. On y revient après avoir traversé Rome, on profite de son jardin, de ses salons et de cette atmosphère légèrement en retrait de l’agitation extérieure.
Dans un cas comme dans l’autre, l’intérêt de ces rénovations tient moins au nombre de mètres carrés refaits qu’à leur capacité à rendre le séjour plus cohérent avec la destination.
Et c’est sans doute exactement ce que l’on attend aujourd’hui d’un grand hôtel italien : ne pas simplement offrir du luxe, mais donner envie de rester un peu plus longtemps dans la ville.
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